Mise
à Jour du
07/02/2005
Par une série de mesures
spécifiques, le Ministre de l’Economie, des Finances et de
l’Industrie entend améliorer les rapports entre
l’administration fiscale et les contribuables. A ce titre,
le contrôle fiscal, en particulier des entreprises, est
censé pouvoir bénéficier d’assouplissements pour que
celle-ci ne soit plus soumise, ou le moins possible, à une
vérification sauvage de la part de l’Administration lorsque
le redressement ne concerne que des erreurs commises de
bonne foi par le contribuable.
Ceci, par la mise en place d’un contrôle fiscal à la
demande, la possibilité de régulariser une situation pendant
le déroulement d’une vérification de comptabilité, la
réduction de la durée des contrôles fiscaux et enfin
diverses mesures secondaires tenant à la diffusion aux
vérificateurs d’un guide de bonne pratique, d’une liste
envoyée aux entrepreneurs rappelant les modalités
d’organisation à mettre en place pour faciliter le contrôle,
mais également l’amélioration du fonctionnement des
commissions départementales, la possibilité de saisir un
conciliateur fiscal après une première démarche auprès de la
Direction générale des impôts, l’envoi d’une lettre de
courtoisie concluant la vérification.
Tout cela semble gager effectivement de l’écoute attentive
du gouvernement faite aux requêtes des entreprises qui se
sentent le plus souvent victimes des contrôles fiscaux .
En effet, l’une des mesures phares du projet gouvernemental
concerne la réduction de la durée des contrôles à 9 mois
dans les entreprises moyennes. La réduction de la durée des
vérifications comporte toutefois une limite en ce qu’une
extension exceptionnelle peut être prévue pour les dossiers
justement complexes.
Or, le projet annoncé ne définit pas précisément ce qu’il
faut entendre comme étant un dossier complexe entraînant
l’allongement de la durée de contrôle. Si certains cas sont
faciles à déterminer (dans le cadre d’activités
internationales par exemple), d’autres le sont moins. En
conséquence de quoi, il est important de savoir qui
disposera du pouvoir de qualification du dossier en phase de
vérification. Si le vérificateur est seul juge, il est à
parier que les relations entre l’Administration et
l’entreprise ne s’amélioreront pas suivant qu’il apparaît au
contribuable vérifié que la durée du contrôle n’a pas, le
concernant, à être étendue. Cela peut être, contrairement à
l’idée initiale du projet, une source de contentieux
supplémentaire.
Un second problème tient à l’efficacité réelle de ce
dispositif. La mesure particulièrement visée est celle du
contrôle fiscal « à la demande ». Cette dernière manque trop
cruellement de garanties pour convaincre le contribuable de
s’engager, de sa propre initiative, dans une procédure de
vérification. Parce que le contrôle « à la demande » n’est
pas généralisé et qu’il n’a finalement pour but que
d’informer le demandeur, il ne permettra de rectifier que
certaines erreurs au demeurant minimes. Par contre, le
contribuable craindra d’avoir fait entrer le loup dans la
bergerie ainsi que la perspective d’un contrôle ultérieur
plus pointu.
Si le projet est intéressant, il appelle à davantage de
précisions.
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Didier Delmer - L'éditeur
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